À mes frères et sœurs catholiques du Sénégal et du monde (Talla Sylla)

Aujourd’hui, en ce samedi 15 août 2026, les cieux s’ouvrent pour couronner la grâce. Vous célébrez l’Assomption, cette solennité majeure et lumineuse qui marque la fin de la vie terrestre de la Vierge Marie et sa glorieuse montée au ciel. En ce jour où vos voix s’élèvent pour chanter la gloire de celle qui a porté l’espoir de l’humanité, permettez au musulman que je suis de joindre mon souffle au vôtre.
Je suis un musulman fervent, un disciple de Cheikh Ahmadou Bamba, et je suis aussi, par la grâce de Dieu, le fils d’une femme qui porte le doux prénom de Sokhna Mariama. En prononçant le nom de ma mère chaque jour, c’est un écho de la pureté, de la dévotion et de la foi inébranlable de la mère de Jésus qui résonne dans mon propre cœur. La figure de Marie est ce pont d’or et de lumière jeté entre nos deux croyances, une mère universelle dont la douceur apaise nos âmes.
Notre amour pour Marie n’est pas une lointaine courtoisie ; c’est une certitude spirituelle ancrée dans notre foi. Cette année, la grâce divine nous offre un symbole saisissant : votre célébration de l’Assomption coïncide merveilleusement avec le début du mois béni de Gàmmu (Maouloud), mois marquant la naissance de notre bien-aimé Prophète (PSL). Quelle plus belle synchronicité pour unir nos prières et nos cœurs ! C’est dans cette même lumière de dévotion partagée que mon guide spirituel, Cheikh Ahmadou Bamba, a magnifié la Vierge dans son sublime poème Fouzti. Il s’adresse à elle avec une vénération qui bouleverse, la nommant « réceptacle de la Pureté », et affirmant sans équivoque qu’elle est au-dessus de toutes les femmes chastes. Il rappelle à la face du monde que Marie est « l’aimée de Dieu » et « l’essence même de la pureté ».
Quand le fondateur du Mouridisme écrit à la « Mère de l’Esprit Divin » pour lui demander que son poème soit un pilier purifiant nos actes d’adoration, il scelle à jamais, par sa plume, la fraternité sacrée qui doit unir nos cœurs. Ce que le Cheikh a écrit n’est pas seulement un hommage ; c’est un serment de respect éternel.
Chers frères, chères sœurs, alors que les cloches de vos églises sonnent l’Assomption, sachez que sous le même ciel sénégalais, le rosaire de vos prières croise le chapelet de nos zikrs dans un élan commun vers le Très-Haut. Notre Téranga n’est pas qu’un mot, c’est la chair de notre nation. C’est voir le musulman se lever, ému, pour honorer la fête de son frère chrétien, car la gloire de Marie est une victoire de la pureté sur les ténèbres, une victoire qui appartient à tout croyant sincère.
Que cette montée de la Vierge vers les cimes célestes élève nos nations, apaise nos douleurs, et fortifie ce « vivre-ensemble » qui est le trésor le plus précieux de notre cher Sénégal.
Je vous souhaite, du plus profond de mon être, une sainte, paisible et magnifique fête de l’Assomption.

Talla SYLLA
Musulman, disciple mouride, fils de Sokhna Mariama, votre frère pour l’éternité.

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