Appel urgent de la Jama’atou Ibadou Rahmane
Déclaration de la Jama’atou Ibadou Rahmane
Appel urgent pour la préservation de la paix sociale et de la sécurité nationale au Sénégal, face à une vague de crimes sauvages
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Le Très-Haut proclame dans Son texte sacré : « Pour cela, Nous avons prescrit aux Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos Messagers sont venus à eux avec les preuves (évidentes). Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mirent à commettre des excès sur la Terre». Sourate 5 verset 32
C’est avec une vive inquiétude, un choc profond et une immense tristesse que nous suivons la vague sans précédent de crimes de sauvages qu’a connue le Sénégal ces derniers temps. Ces crimes perpétrés de sang-froid, heurtent les consciences humaines et violent manifestement les valeurs de la société sénégalaise, naturellement pacifique.
A ce propos, nous évoquons, avec beaucoup de douleur, des tragédies successives comme
l’assassinat lâche de Madame Fatoumata Makhtar Ndiaye (ancienne membre du Conseil
économique, social et environnemental) et celui d’une femme pareillement tuée à Tambacounda, sans oublier, la dernière tragédie douloureuse de la jeune fille tuée à Tivaouane pour des motifs de sorcellerie et de charlatanisme. Nous ajoutons à ces crimes ceux qui ont eu lieu lors des événements politiques entre 2021 et 2024, ainsi que ceux d’autres victimes innocentes parfois retrouvées sur leur lieu de travail ou tuées dans le cadre de règlements de comptes.
Face à cette dérive manifeste qui menace la stabilité sociale, la JIR fait les déclarations suivantes, devant l’opinion publique nationale et internationale :
- Nous condamnons avec la plus grande fermeté les actes criminels susmentionnés et
réaffirmons notre rejet absolu de toute forme de violence et de toute violation du droit
inaliénable à la vie ; - Nous mettons en garde contre la prolifération d’idéologies obscurantistes et de pratiques
exogènes, notamment les homicides liés aux pratiques rituelles, qui constituent une menace
directe pour la sécurité publique et la stabilité sociale ; - Nous exprimons notre totale solidarité aux familles des victimes et nous associons au deuil
que ces crimes ont causé au peuple sénégalais tout entier.
Dans le même esprit, nous en appelons au Chef de l’État afin qu’il fasse prendre par le
Gouvernement, et les autorités judiciaires, les mesures et dispositions nécessaires allant dans
le sens que voici :
2 - L’application rigoureuse de la loi par l’adoption de sanctions pénales maximales et à l’effet
dissuasif requis à l’encontre des auteurs des infractions susmentionnées, conformément aux
dispositions de notre Code pénal ; - Le renforcement du maillage sécuritaire, notamment par l’Intensification de la présence des
forces de l’ordre au sein des agglomérations et des régions de l’intérieur, en vue de garantir la
protection des personnes, en particulier des populations vulnérables que sont les femmes et
les enfants ; - La répression du charlatanisme, à travers l’engagement de poursuites judiciaires
systématiques contre les membres des réseaux de pratiques occultes et leurs complices,
afin de démanteler l’ensemble de leurs associations criminelles ; - La conscientisation des populations, grâce à une sensibilisation sur les méfaits de ces
pratiques dans la foi du musulman.
Appel aux forces vives de la Nation
Considérant que la lutte contre le fléau que nous dénonçons et condamnons fermement ne saurait
relever de la compétence exclusive du Gouvernement et des autorités publiques, mais participe d’un
impératif civique et d’une prise de conscience éthique, nous lançons les appels ci-après : - aux Khalifes généraux et aux autres Autorités religieuses, pour qu’ils instruisent les imams,
prédicateurs et ministres du culte à l’effet de consacrer les sermons du vendredi et les
offices religieux à la sacralité de la vie humaine, à la répression morale du charlatanisme et
des pratiques occultes, ainsi qu’à la promotion des principes de tolérance ; - aux responsables des organisations de défense des droits de l’homme et des organisations
de la société civile, pour qu’ils intensifient les actions de sensibilisation, garantissent une
assistance juridique et une prise en charge psychologique aux ayants droit des victimes, et
mènent un plaidoyer actif en vue d’un durcissement du cadre législatif et réglementaire ; - aux leaders sociaux et aux notables, pour qu’ils concourent à la revitalisation des valeurs de
la « Teranga » et de la cohésion sociale, et qu’ils exercent une vigilance citoyenne en signalant
aux autorités compétentes tout agissement suspect au sein des communautés.
Nous exhortons l’ensemble des composantes de la société — sans exception — à s’unir et à
coopérer de manière étroite afin d’éradiquer la criminalité exogène qui se développe sous nos
yeux. La préservation de la sécurité publique, de l’ordre public et de la stabilité du Sénégal
constitue une obligation collective qu’il nous faut impérativement assumer. Il est de notre devoir
de ne point laisser la barbarie et l’obscurantisme porter atteinte à la paix publique et à la sûreté
de notre Nation.
La préservation de la sécurité, de l’ordre et de la stabilité au Sénégal est un dépôt sacré qui pèse
sur nous tous, et il est de notre devoir de ne pas permettre à la sauvagerie et à l’ignorance de
priver les enfants de notre cher pays de la paix, de la quiétude et de la sécurité auxquelles ils ont
droit.
Vive le Sénégal, sûr, stable et uni !
Fait à Thiès, le 03 septembre 2026