Football mondial : l’Afrique doit suivre l’exemple des fédérations européennes et défendre l’intérêt général

Le football est bien plus qu’un spectacle ou une industrie. Il est un patrimoine universel, un bien commun qui appartient aux joueurs, aux supporters, aux clubs et aux millions de jeunes qui rêvent d’un avenir grâce au sport. Il ne peut être réduit à un simple actif financier.

Les débats autour du projet visant à ouvrir davantage la gouvernance ou les revenus du football à des investisseurs privés suscitent de profondes inquiétudes. Ce projet soulève des interrogations majeures sur l’indépendance des institutions sportives, l’équité des compétitions et la préservation des valeurs fondamentales du football.

Face à cette situation, plusieurs fédérations européennes ont exprimé leur opposition et leur volonté de défendre un modèle de gouvernance fondé sur l’intérêt général plutôt que sur les seuls intérêts financiers.

J’en appelle aujourd’hui aux fédérations sportives africaines.

L’Afrique ne peut rester silencieuse. Notre continent représente plus d’un quart des associations membres de la FIFA. Il constitue l’un des plus grands réservoirs de talents au monde et une force politique incontournable dans les instances internationales.

Les fédérations africaines doivent s’inspirer de la détermination affichée par leurs homologues européennes et faire entendre une voix commune pour défendre un football libre, indépendant et au service des peuples.

Il ne s’agit pas de s’opposer au changement par principe. Il s’agit de protéger l’essence même du football. Lorsqu’un sport devient avant tout un produit financier, le risque est grand que les décisions soient dictées par la rentabilité plutôt que par le développement des jeunes, la solidarité entre les fédérations, l’équité des compétitions et l’intérêt des supporters.

L’Afrique ne doit pas accepter des réformes dont les conséquences pourraient, à terme, affaiblir son influence et compromettre son développement sportif. Nos fédérations ont le devoir d’exiger la transparence, d’analyser chaque proposition avec rigueur et de défendre sans concession les intérêts du football africain.

J’invite les présidents des fédérations africaines à adopter une position commune et à se joindre à toutes les initiatives internationales qui visent à préserver l’indépendance de la gouvernance du football. Si les fédérations européennes choisissent de rejeter un projet qu’elles estiment contraire à l’intérêt supérieur du football, les fédérations africaines doivent elles aussi faire preuve de courage et de responsabilité.

L’histoire retiendra celles et ceux qui auront su défendre le football comme un bien commun, et non comme une marchandise.

L’Afrique doit parler d’une seule voix.

Le football africain mérite le respect.

Le football africain n’est pas à vendre.
Mamadou Djite
Directeur cams

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