Souleymane Kanté Délégué de quartier de Diamaguène s’est éteint à l’âge de 109 ans, l’hommage de Talla Sylla
Baay Souleymane
C’est avec le cœur lourd, étreint par une tristesse indicible mais soumis à la volonté divine, que j’apprends le rappel à Dieu de notre vénéré patriarche, Baay Souleymane Kanté. Puisse le Tout-Puissant l’envelopper de Sa miséricorde infinie et lui ouvrir les portes de Son Paradis le plus élevé, dans la grâce et la lumière du Sceau des prophètes, Sayidouna Mouhamed (P.S.L.).
La ville de Thiès vient de perdre l’une de ses mémoires les plus précieuses, et moi, je viens de perdre une part de moi-même.
Durant les sept années et sept mois où il m’a été donné de présider aux destinées de la ville de Thiès, Baay Souleymane a été bien plus qu’un sage, bien plus qu’un collaborateur : il a été un père. En sa qualité de président des délégués, son soutien inébranlable fut mon bouclier, ses conseils éclairés ma boussole. À plus de 111 ans révolus, l’âge où les corps réclament le repos, son âme, elle, refusait la fatigue. Je revois encore sa haute stature, bravant le poids des années, tenant à diriger personnellement les délégations pour honorer de sa présence chacune de nos activités.
Comment oublier cette ultime conversation téléphonique où, paré de cette humilité qui n’appartient qu’aux grands hommes, il tenait encore à me remercier pour notre collaboration ? C’est moi, Baay, qui te dois tout. C’est pour graver ta sagesse dans l’éternité de notre cité que j’avais proposé que le Centre Régional de Gériatrie de Thiès porte ton nom. Cet édifice, devenu réalité grâce à l’accompagnement précieux de la Fondation Sonatel — avec son Directeur Général Sékou Dramé, son Administratrice Générale Mme Aminata Fall Sidibé, ainsi que le Professeur Coume de l’Université —, résonne aujourd’hui comme un hymne de pierre à ta vie et à ta longévité exceptionnelle.
La nouvelle de ton départ m’a surpris sur les chemins de la ferveur. Depuis ce 25 juillet 2026, coïncidant avec le 10ème jour du mois béni de Safar, j’ai quitté notre chère ville de Thiès avec les membres du Kureelu Doxu, marchant inlassablement vers Touba pour le Grand Màgal du 2 août. Si mes pas m’éloignent géographiquement de ta dépouille aujourd’hui, mon âme ne t’a jamais été aussi proche. Sur cette route poussiéreuse de dévotion, chaque pas est une prière qui t’est dédiée, à toi, ce grand homme qui fut le confident des géants, ce proche parmi les proches du Vénéré Thierno Seydou Nourou Tall et du Président-poète Léopold Sédar Senghor, alors maire de Thiès.
Cet après-midi, la prière mortuaire s’élèvera vers les cieux à partir de 17 heures à la Grande Mosquée de Diameguene, avant que la terre des cimetières de Mbambara ne t’accueille pour ton repos éternel.
Le Baobab est tombé, mais ses racines demeureront à jamais enfouies dans le cœur de Thiès. Va en paix, Baay Souleymane. Repose à l’ombre de la miséricorde divine.
Talla SYLLA