Vidéo/Bakhdad : Serigne Khadim Gaydel alerte sur une éventuelle crise institutionnelle
La 35ᵉ édition du Gamou de Bakhdad a enregistré une affluence exceptionnelle. Des milliers de disciples venus des différentes régions du Sénégal et de la diaspora ont convergé vers la cité religieuse pour cette nuit de ferveur. Devant les fidèles, Serigne Khadim Gaydel a livré un discours mêlant spiritualité, éducation, responsabilité de la jeunesse et préoccupations sur la situation du Sénégal.
Une affluence record à Bakhdad
Bakhdad a vécu une mobilisation d’une rare ampleur pour cette 35ᵉ édition du Gamou. Des milliers de fidèles ont effectué le déplacement, établissant un nouveau record d’affluence et témoignant de leur attachement à ce rendez-vous religieux.
L’histoire de cette célébration remonte à 1993, lorsque Serigne Khadim Gaydel reçut le ndigël de Serigne Saliou Mbacké, accompagné de ces paroles restées gravées dans sa mémoire : « Nous célébrerons ensemble cette nuit, qu’importe où que je me trouve. »
Serigne Khadim Gaydel a également rappelé l’appui et les bénédictions de Serigne Mountakha Mbacké, Khalife général des Mourides, qui accompagne chaque année le Gamou par ses prières et ses présents, notamment les vêtements portés par le guide religieux durant la nuit de célébration.
Cette édition a aussi été précédée d’un programme particulièrement dense. La « Goudi Adiouma Serigne Touba » a notamment réuni des milliers de talibés, de grands kourels et d’illustres chanteurs de khassaïdes. Le comité scientifique a, pour sa part, organisé plusieurs plateaux télévisés autour de la paix, dans la continuité de la trajectoire de Borom Ndame et de son rôle d’ambassadeur de la paix.
Le Saint Coran et les vertus pédagogiques du Prophète (PSL)
Une large partie du discours de Serigne Khadim Gaydel a été consacrée au Saint Coran et à la mission du Prophète Mouhamed (PSL).
Il a exalté la suprématie de la Parole divine et magnifié les vertus pédagogiques du Prophète (PSL), présenté comme un modèle d’enseignement et d’éducation fondé sur la connaissance, la sagesse, la transmission et l’exemplarité.
Le guide religieux a particulièrement insisté sur le caractère incomparable du Saint Coran. Dans son enseignement, aucune œuvre, aucune écriture ni aucune créature — pas même le Prophète Mouhamed (PSL), considéré comme la meilleure des créatures — ne saurait être placée au même niveau que la Parole divine. Il a ainsi évoqué la valeur spirituelle attachée à chaque lettre du Livre saint pour illustrer la grandeur de la révélation coranique.
Éducation : les parents face à leurs responsabilités
Abordant les réalités de la société sénégalaise, Serigne Khadim Gaydel s’est montré particulièrement préoccupé par l’éducation des enfants.
Il a dénoncé le désengagement de certains parents, estimant que les considérations matérielles prennent parfois le dessus sur leur mission éducative. La recherche de revenus liés aux activités des enfants peut ainsi reléguer au second plan la transmission des valeurs et des principes indispensables à leur construction.
Dans certains foyers, l’argent bouleverse même les rapports familiaux, donnant aux enfants une influence croissante sur leur entourage. Une situation qui participe, selon lui, à l’effritement du respect, de la discipline, de la dignité et de l’autorité parentale.
Il a rappelé à ce propos les enseignements de Serigne Saliou Mbacké sur l’éducation reçue auprès de Serigne Touba, insistant sur la nécessité de transmettre cet héritage aux nouvelles générations.
« Le pays est difficile »
Serigne Khadim Gaydel a ainsi attiré l’attention sur les difficultés vécues par les populations. S’adressant au président Bassirou Diomaye Faye, il a demandé davantage de miséricorde envers un peuple en souffrance.
Ses inquiétudes portent également sur l’avenir institutionnel du Sénégal. Le guide religieux a évoqué le risque d’une crise institutionnelle à l’horizon, tout en exprimant ses incertitudes quant à la direction que pourrait prendre le pays.
Face à cette situation, son message le plus appuyé a été adressé à la jeunesse.
« Vous, les jeunes, vous êtes le pouvoir. Restez dignes »
Serigne Khadim Gaydel a appelé les jeunes à faire preuve de discernement et à se protéger contre toutes les formes de manipulation.
Pour illustrer son propos, il a utilisé l’image du casque du motocycliste : de la même manière que le conducteur protège sa tête contre les dangers de la route, chacun doit protéger son esprit contre les influences susceptibles d’altérer son jugement.
« Faites attention à ne pas être emportés par tous les vents de manipulation qui passent. »
Avant de lancer directement à la nouvelle génération :
« Vous, les jeunes, vous êtes le pouvoir. Restez dignes. »
Un appel à préserver sa liberté de jugement, à prendre du recul face aux discours et à ne pas devenir l’instrument d’intérêts extérieurs. Pour Serigne Khadim Gaydel, la conscience, la dignité et la capacité de réflexion constituent les meilleurs remparts contre la manipulation.
Un appel à prier pour le Sénégal
Face aux inquiétudes exprimées sur l’avenir, Serigne Khadim Gaydel a enfin invité les guides religieux à multiplier les prières pour le Sénégal. Il est revenu sur les alertes et prédictions qu’il dit avoir déjà formulées, appelant à œuvrer pour la préservation de la paix et de la stabilité nationale.
Dans une cité de Bakhdad noire de monde, cette 35ᵉ édition aura ainsi porté un message dépassant le seul cadre de la célébration religieuse. De la grandeur du Saint Coran à l’éducation des enfants, des difficultés du pays à la responsabilité de sa jeunesse, Serigne Khadim Gaydel a placé la conscience, la dignité et la paix au cœur de son message.