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« Sonko, l’imposteur démasqué » (Lamine Sène militant Kiiraay)

L’interview chaotique de Sonko, offerte aujourd’hui au public, est une nouvelle démonstration de son incapacité à assumer ses propres contradictions.

Au lieu de répondre avec hauteur et précision aux questions qui lui sont posées, il s’égare dans les attaques personnelles, notamment contre Madame la Présidente Aminata Touré, comme si le dénigrement pouvait tenir lieu d’argument.

Sur les fonds politiques, son embarras est particulièrement révélateur. Hier, ils étaient déclarés « kharam ». Plus tard, il menaçait de prison quiconque oserait affirmer qu’il en disposait. Aujourd’hui, il en reconnaît l’existence et s’emploie péniblement à en justifier l’utilisation.

En termes simples : Sonko a menti hier, il se contredit aujourd’hui et il lui reste manifestement encore beaucoup de mensonges à expliquer demain.

C’est cela, l’imposture : transformer ses propres reniements en prétendues évolutions, ses contradictions en vérités nouvelles et ses revirements en stratégie politique.
Celui qui s’était autoproclamé champion de la morale publique et de la rupture découvre aujourd’hui, dans la douleur, que gouverner ne se résume ni aux slogans, ni aux accusations, ni aux postures de donneur de leçons.
Ses attaques contre Aminata Touré sont d’ailleurs symptomatiques.
Lorsqu’on manque d’arguments, on attaque les personnes. Lorsqu’on ne peut défendre ses contradictions, on cherche à détourner le débat. Lorsqu’on ne peut assumer ses paroles d’hier, on tente désespérément de réécrire l’histoire.

Sonko n’a rien d’un homme d’État. Il n’a surtout pas l’étoffe d’un leader capable d’assumer les exigences de la République. Il apparaît de plus en plus comme un homme prisonnier de la posture qu’il s’est lui-même construite.

Hier, il distribuait les certificats de vertu à tout le monde.
Aujourd’hui, il découvre que les principes deviennent beaucoup plus difficiles à respecter lorsqu’ils s’appliquent à soi-même.
Hier, il dénonçait certaines pratiques avec une indignation théâtrale ; aujourd’hui, il cherche laborieusement à expliquer pourquoi elles pourraient soudainement devenir acceptables lorsqu’elles le concernent.

Les propos de Mary Teuw Niane sur « l’imposteur » prennent, à la lumière de cette nouvelle séquence, une résonance particulière. Car l’imposture politique commence précisément lorsque l’image que l’on vend au peuple entre en collision avec les actes, les paroles et les responsabilités que l’on assume réellement.

Le Sénégal mérite mieux qu’un dirigeant enfermé dans les contradictions, les invectives et les vérités à géométrie variable. Il mérite des responsables capables de parler vrai, d’assumer leurs choix et de rendre compte de leurs actes.

Cett interview ennuyeuse ne fragilise pas Aminata Touré. Elle met surtout Sonko face à son propre miroir. Et le reflet est de plus en plus difficile à dissimuler : derrière la posture du tribun et du prétendu homme providentiel, l’imposture apparaît désormais à visage découvert.

Lamine Sène, militant KIIRAAY Les Patriotes Républicains-Thies

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