La disparition d’Amath Dansokho, le 23 août 2019, a laissé un vide que le temps ne saurait combler. Plusieurs années après qu’il nous a quittés, sa mémoire résonne toujours avec la même force dans le cœur de la Nation. Il fut un repère, une boussole morale et politique pour le Sénégal et l’Afrique.
Les Racines d’un Engagement Constant
Dès l’âge de 14 ans, sa conscience politique s’est éveillée aux luttes pour la justice sociale. Militant fougueux du PAI puis membre fondateur et Secrétaire général du PIT, le doyen Dansokho a bravé la clandestinité, l’exil et la prison pour forger un Sénégal souverain.
Une vision internationaliste : De ses liens avec les mouvements de libération algériens à son apprentissage cubain, il a toujours inscrit la lutte sénégalaise dans le grand mouvement d’émancipation des peuples.
Un réalisme politique : Homme de gauche, il refusait cependant le dogmatisme aveugle, choisissant la voie de l’ouverture démocratique et du multipartisme dès que l’Histoire l’a exigé.
Le Compagnon de Lutte et l’Homme de Cœur
Au-delà de l’homme d’État — ministre, député et maire de Kédougou — je retiens le grand frère, le confident et le bouclier. Nos parcours se sont croisés à des carrefours décisifs pour la République :
L’intégrité parlementaire : Nos combats communs en 2001 au sein du groupe Espoir et nos actions contre le projet de Constitution.
La fidélité dans l’épreuve : Je n’oublierai jamais qu’il fut l’un des premiers à mon chevet après la tragique tentative d’assassinat dont j’ai été victime en octobre 2003, ni sa présence rassurante au tribunal.
L’architecte des rassemblements : C’est dans son propre salon, temple de la République, que nous avons lancé l’IDEWA en 2004, puis fondé la coalition Bennoo Siggil Sénégal un certain 31 décembre 2008.
Un Héritage Immortel
Amath Dansokho était le ciment de nos alliances. C’était un homme généreux, souple et ouvert, prêt à tous les compromis lorsque l’intérêt supérieur du Sénégal était en péril, mais inflexible sur ses principes. Ce tribun exceptionnel ignorait la haine et chérissait profondément son pays. Le Sénégal lui doit une grande part de ses libertés fondamentales et de ses alternances pacifiques.
Repose en paix, cher doyen. Ton combat continue.
Talla SYLLA









