Le dernier gouvernement du Président Diomaye sonne comme une nouvelle alternance à la tête du pays, même si le chef de l’exécutif est resté le même. En effet cette donne politique, marquée par le départ massif du gouvernement de responsables PASTEF, a acté la rupture au sommet. Et dans la nouvelle distribution des responsabilités à la suite du changement de gouvernement, le constat est que Thiès souffre d’une sous-représentation qui interroge.
Avec le régime libéral de Me Wade, Thiès avait un moment donné compté plus de 10 membres. Ce qui n’était pas fortuit au regard du rôle central joué par Thiès dans la survenue de la première alternance politique au Sénégal.
Dans les dernières années du règne socialiste, Thiès fait partie des localités qui sont tombées les premières dans l’escarcelle libérale. Et c’est sur la Place de France, actuelle Promenade des Thiessois, où sont partis les premiers signaux de la première alternance politique au Sénégal. En effet le 25 février 1988, la Place de France était transformée en champ de bataille, lors de violents affrontements. Ils se sont prolongés après la publication des résultats de l’élection présidentielle, pour ensuite s’étendre dans plusieurs villes notamment Dakar et le pouvoir était à l’époque presque dans la rue.
Après la survenue de l’alternance en 2.000, un vent d’union des cœurs et des esprits a soufflé dans l’espace politique. Mais l’accalmie sera de courte durée, car dans le cadre des préparatifs de la fête de l’indépendance de 2.004 qui devait se tenir à Thiès, des démêlées ont éclaté entre le Président Abdoulaye Wade et son Premier Ministre d’alors Idrissa Seck, par ailleurs Maire de Thiès.
Et son exclusion du Parti Démocratique Sénégalais ((PDS) a engendré un puissant mouvement de sympathie au sein de la grande majorité des Thiessois et la ville est ainsi retombée dans sa posture d’opposition au pouvoir central. Une pause est intervenue en 2012 dans cette opposition, avec l’avènement du Président Macky Sall au pouvoir, sous la bannière de la coalition Benno Bokk Yaakaar dont Idrissa Seck et son parti Rewmi étaient membres. Mais en cours de mandat, des divergences ont éclaté entre les deux leaders, ce qui s’était traduit par le retrait de Rewmi de la coalition, pour encore retrouver les rangs de l’opposition.
En ce qui concerne l’avènement du Président Diomaye à la tête du pays, Thiès a également apporté une contribution très pesante. Il en est de même dans la mise en place du parti Kiiraay/les Patriotes Républicains, avec l’apport de responsables de haut niveau de Thiès. Et pour la petite histoire, l’un des concepteurs de la coalition, qui a permis au Président Diomaye d’accéder au pouvoir, pour avoir mis à disposition le récépissé de son parti, est aussi de Thiès.
Mais aujourd’hui, Thiès ne compte qu’un membre dans le gouvernement, en l’occurrence le Ministre délégué Ousmane Diagne. Et la localité si politiquement bouillante semble aussi être oubliée dans les nominations de Directeurs Généraux et de Présidents de Conseils d’Administration ( PCS). C’est dans ce cadre que le coup de gong de Déthié Fall après sa nomination comme PCA du Grand Théâtre, tinte comme un réquisitoire sans concession. Tous comptes faits, force est aussi de constater qu’ainsi va la distribution des postes politiques, tout le monde ne peut pas se retrouver au pinacle.
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