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La flamme olympique est arrivée au Sénégal : du rendez-vous du recevoir au rendez-vous du donner

La flamme olympique est désormais arrivée au Sénégal. Après avoir quitté la Grèce antique, terre de grandes civilisations, de philosophie et d’expérience démocratique, elle a été accueillie dans notre pays, terre de Téranga, de dialogue, de paix et de stabilité démocratique.

Mais une fois les cérémonies passées et l’émotion retombée, une question essentielle demeure : qu’allons-nous faire de ce symbole ?

Car nous avons reçu la flamme. Mais avons-nous suffisamment réfléchi à ce que le Sénégal doit, à son tour, donner au monde ?

Cette interrogation nous ramène naturellement à la pensée de notre premier Président, Léopold Sédar Senghor, et à son célèbre « rendez-vous du donner et du recevoir ».

La Grèce nous a transmis une flamme chargée d’histoire. Le Sénégal doit maintenant donner le meilleur de lui-même : sa Téranga, sa culture du dialogue, son hospitalité, sa jeunesse, sa diversité, son attachement à la paix et sa foi dans la dignité humaine.

DES JOJ À UN PROJET DE SOCIÉTÉ

Les JOJ constituent une opportunité exceptionnelle de transformer l’événement sportif en véritable projet de société.

La candidature du Sénégal et les premières étapes de préparation ont été engagées sous la présidence de Macky Sall et son gouvernement. La continuité de l’État a ensuite permis au Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye et à son gouvernement de poursuivre cette dynamique.

Cette continuité mérite d’être saluée. Les grands projets nationaux ne doivent pas être prisonniers des alternances politiques. Lorsqu’il s’agit de l’intérêt supérieur du Sénégal, la République doit rester plus forte que les clivages politiques.

Les JOJ doivent ainsi être considérés comme un patrimoine national et non comme la propriété d’un régime, d’un parti ou d’une génération.

Le véritable succès de Dakar 2026 sera celui d’un Sénégal capable de transformer l’héritage des Jeux en opportunités durables pour sa jeunesse : formation, emploi, entrepreneuriat, infrastructures, culture, sport, innovation, environnement et cohésion sociale.

PROTÉGER NOTRE JEUNESSE TOUT EN ACCUEILLANT LE MONDE

Accueillir le monde ne signifie pas renoncer à nous-mêmes.

Le Sénégal doit rester ouvert, hospitalier et disponible pour le dialogue des cultures, tout en préservant les valeurs qui fondent son identité et sa cohésion sociale.

La jeunesse sénégalaise doit pouvoir découvrir le monde sans perdre ses repères. Elle doit être protégée contre les addictions, la violence, les discours de haine, certaines dérives numériques et toutes les contre-valeurs susceptibles de fragiliser notre société.

Il ne s’agit ni de fermer nos portes ni de rejeter la diversité. Il s’agit de savoir accueillir sans se perdre, s’ouvrir sans s’effacer et apprendre des autres sans renoncer à ce que nous sommes.

L’ÉGALITÉ DES CHANCES : UNE AUTRE LEÇON DES JOJ

L’une des grandes leçons que nous devons tirer de cette aventure olympique est celle de l’égalité des chances.

Chaque enfant sénégalais, quelle que soit son origine sociale, sa région, son milieu familial, son handicap ou la langue de sa formation, doit pouvoir accéder à une éducation de qualité, obtenir un diplôme et valoriser ses compétences.

L’égalité des chances doit accompagner le jeune de l’école au diplôme, et du diplôme à l’emploi.

Dans cette perspective, le Sénégal ne doit établir aucune discrimination entre le diplômé arabophone et le diplômé francophone.

Le diplômé arabophone comme le diplômé francophone est d’abord un Sénégalais, porteur de compétences, d’ambitions et d’un potentiel qui doivent être reconnus et valorisés.

Notre diversité linguistique ne doit pas être une source de division. Elle doit devenir un capital national.

AUX DIPLÔMÉS ARABOPHONES : LE DIPLÔME EST UN POINT DE DÉPART

Cette responsabilité incombe également aux diplômés arabophones eux-mêmes.

Il est légitime de demander à l’État davantage d’équité et de reconnaissance. Mais il est également nécessaire que les diplômés arabophones renforcent leur préparation afin de devenir pleinement compétitifs sur le marché national et international.

Le diplôme est un point de départ, jamais une ligne d’arrivée.

La maîtrise des outils numériques, des langues, de la communication professionnelle, de l’entrepreneuriat, de la gestion et des nouvelles technologies doit désormais accompagner la formation académique.

Le diplômé arabophone doit pouvoir devenir enseignant, chercheur, entrepreneur, cadre, diplomate, professionnel de la finance, acteur du numérique, spécialiste de l’agriculture, de l’industrie, du commerce ou des services.

Il doit surtout passer progressivement du statut de demandeur d’emploi à celui de créateur de valeur, créateur d’activités et créateur d’emplois.

DE LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR À AUJOURD’HUI : QUE DEVONS-NOUS DONNER AU MONDE ?

De Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade, notre histoire contemporaine a été marquée par des générations qui ont cherché à inscrire le Sénégal dans le concert des nations.

Aujourd’hui, notre responsabilité collective est de poursuivre cette ambition.

Le Sénégal peut donner au monde davantage qu’un événement sportif réussi.

Il peut donner l’image d’une nation africaine capable d’organiser, d’accueillir, de dialoguer, de transmettre et de construire.

Il peut montrer que la jeunesse africaine n’est pas seulement une jeunesse à encadrer ou à employer, mais une jeunesse capable d’inventer, d’entreprendre et de transformer son environnement.

LA FLAMME EST ARRIVÉE. À NOUS DE FAIRE VIVRE SA LUMIÈRE.

La flamme olympique est arrivée au Sénégal. Elle a accompli son voyage symbolique.

À nous maintenant d’accomplir le nôtre.

Le voyage vers un Sénégal où chaque enfant a sa chance, où chaque jeune peut se former et travailler, où aucun diplômé n’est écarté en raison de la langue de sa formation, où la diversité devient une force, où la jeunesse est protégée sans être enfermée, où l’innovation accompagne les valeurs et où le développement profite à tous.

Le véritable héritage de Dakar 2026 ne se mesurera pas uniquement au nombre de médailles, à la beauté des cérémonies ou à la réussite de l’organisation.

Il se mesurera à ce que nous aurons construit après les Jeux.

Car la flamme peut éclairer un instant.

Mais c’est à nous de faire en sorte que sa lumière devienne durablement celle d’un Sénégal de paix, de valeurs, d’équité et de développement, un Sénégal où il fait bon vivre.

Souleymane Gadiaga

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