Le peuple sénégalais traverse une conjoncture économique étouffante : prix en hausse, chômage persistant, familles fragilisées. Dans ce contexte de souffrances quotidiennes, il est indécent et incohérent que l’État continue de réserver des traitements princiers à une minorité de dirigeants publics. Payer un salaire pouvant aller jusqu’à six (6) millions de francs CFA, sans compter les innombrables avantages, gérer de manière opaque des milliards de fonds politiques, ou encore maintenir des privilèges exorbitants pour les présidents d’institutions, pendant que l’on demande aux populations d’être « résilientes », n’est pas seulement une incohérence politique : c’est un manque de décence et d’humanisme. Pire encore, la suspension pendant deux ans du Programme National de Bourses de Sécurité Familiale, destiné aux familles les plus pauvres, illustre cette contradiction insoutenable : on prive les plus vulnérables d’un soutien vital, tout en continuant à vivre dans l’opulence et à entretenir des privilèges injustifiés. Cette décision est un affront à la solidarité nationale et une preuve supplémentaire du décalage entre une classe dirigeante et les réalités du peuple.
Le Président de la République, garant de la cohésion sociale, est directement interpellé. Car si nous voulons bâtir un modèle social solidaire, il faut rompre avec cette violence sociale entretenue par une classe dirigeante déconnectée des réalités. Cette injustice, si elle perdure, pourrait devenir un grave facteur de révolte populaire. Notre parti, FORT, considère qu’il est urgent de réajuster la réglementation relative à la rémunération des dirigeants publics afin de réparer les inégalités sociales nourries par ces pratiques. Cette nouvelle doctrine d’optimisation des ressources publiques doit inclure toutes les mesures nécessaires pour réduire le train de vie de l’État.
Les dirigeants doivent, par devoir et par patriotisme, porter cette pédagogie par l’exemple. Car la cohérence et la décence dans la gestion publique ne sont pas des choix : ce sont des obligations envers un peuple qui souffre et espère.
Fait à Dakar, le 23 septembre 2026
Le Bureau Politique








