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La lumière d’Olympie et l’ombre des factions :l’égarement d’un intellectuel (Talla Sylla)

Pour la première fois depuis l’aube des temps modernes, la flamme olympique irradie la terre africaine. Dakar, cœur battant de notre cher Sénégal, est devenue en ces jours de grâce le carrefour de la jeunesse du monde, l’épicentre d’une communion humaine universelle. En accueillant les Jeux Olympiques de la Jeunesse, notre Nation n’organise pas seulement un événement sportif ; elle offre au monde le visage de la Teranga, cette hospitalité sacrée qui fait de chaque étranger un frère et de notre sol un sanctuaire de concorde.
L’on aurait pu espérer que devant une telle grandeur, les clivages s’effacent. L’on aurait pu croire que l’envergure de l’instant intimerait, ne fût-ce que pour quelques jours, le silence aux querelles de chapelles.
Mais il faut croire que la cécité partisane est une pathologie qui n’épargne pas même les esprits que l’on croyait lumineux. En qualifiant d’« humiliation insensée » de prétendus états d’âme du Chef de l’État lors de la cérémonie d’ouverture, l’écrivain Boubacar Boris Diop a choisi d’importer les rancœurs de la petite politique dans l’arène de la grande Histoire.
Où se trouve la véritable humiliation, cher Boris ?
La véritable humiliation, c’est le spectacle tragique d’un intellectuel jadis respecté, dont la pensée s’est tellement racornie qu’elle tient désormais tout entière dans la camisole d’une faction politique. C’est l’indécence d’un homme de lettres qui, au moment où la jeunesse du monde célèbre notre pays, scrute le protocole présidentiel avec la loupe de ses haines recuites, cherchant la polémique là où le peuple célèbre la fraternité.
Réduire ce moment de grâce olympique à un prétexte pour solder des comptes politiciens, c’est faire le choix de la diversion et du divertissement, à l’heure où les véritables urgences de notre peuple – le coût de la vie, l’emploi de nos jeunes, la résilience de nos familles – exigent la mobilisation de toutes nos intelligences.
La Teranga sénégalaise, magnifiée de façon si sublime par nos artistes lors de cette cérémonie, est une leçon d’élévation. Elle nous enseigne que la dignité d’une Nation ne se mesure pas aux humeurs supposées de ses dirigeants, mais à la capacité de son peuple à se rassembler autour de l’essentiel.
En s’acharnant sur le Président de la République à cet instant précis, en tentant de substituer les médailles de la discorde à l’or de la concorde nationale, Boubacar Boris Diop ne salit pas l’institution présidentielle ; il révèle seulement le crépuscule d’une certaine cléricature, prête à sacrifier l’image du Sénégal sur l’autel de son militantisme borgne.
L’Histoire retiendra la beauté de ces Jeux. Elle retiendra le sourire de notre jeunesse, l’éclat de nos artistes et la noblesse d’un Sénégal debout, fier et hospitalier. Les scories de la rancœur partisane, elles, s’éteindront avec les lampions de la petite politique.
Laissons les aigris à leurs ténèbres, et laissons le Sénégal, uni et majestueux, marcher dans la lumière.

Talla SYLLA

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