A la unePolitique

Passation de service à la SNR, discours Papa Ibrahima Senghor DG entrant

Discours de passation de service du Directeur Général Monsieur Papa Ibrahima SENGHOR Directeur Général entrant de la Société Nationale de Recouvrement Dakar, le 17 août 2026

C’est avec une profonde gratitude envers le Tout-Puissant, pour les voies qu’Il a bien voulu ouvrir devant moi, que je prends la parole devant vous. Madame la Présidente du Conseil de Surveillance, Monsieur le Représentant de Monsieur le Ministre de tutelle, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de Surveillance, Mesdames et Messieurs les représentants de l’État, Monsieur le Directeur Général sortant, Mesdames et Messieurs les Directeurs et Responsables, Chers collaborateurs de la Société Nationale de Recouvrement, Distingués invités, Mesdames, Messieurs, Il est des journées qui marquent une vie. Non par leur éclat, mais par le poids de la responsabilité qu’elles portent.

Ce matin est de celles-là. C’est avec une profonde émotion, une grande humilité et une pleine conscience de la mission qui m’est confiée que je prends la parole devant vous. Une passation de service n’est pas un simple acte de protocole. C’est le moment où une responsabilité est transmise, où une confiance est accordée et où un engagement est pris. Aujourd’hui, je reçois cette responsabilité avec gratitude, mais surtout avec un profond sens du devoir. Je veux exprimer ma reconnaissance à Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, Président de la République, pour la confiance qu’il a bien voulu placer en ma personne en me nommant à la tête de la Société Nationale de Recouvrement. Cette confiance m’honore.

Mais elle m’oblige davantage qu’elle ne me distingue. Elle m’oblige parce qu’elle s’inscrit dans une ambition nationale : celle d’un Sénégal souverain, juste, performant et tourné vers l’avenir. La Vision Sénégal 2050 nous invite à transformer nos institutions, à renforcer leur efficacité et à faire de l’excellence une norme.

Je remercie également Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, ainsi que Monsieur le Ministre chargé du Budget, pour leur confiance, leur disponibilité et leur engagement au service de l’État. Je mesure pleinement la responsabilité qui est la mienne vis-à-vis de la tutelle, du Conseil de Surveillance et, au-delà, de tous les Sénégalais.

Avant d’évoquer l’avenir, permettez-moi d’avoir une pensée pour ceux qui ont rendu possible ce moment. À mes parents et plus particulièrement ma défunte mère. Maman, certaines victoires sont incomplètes lorsqu’on ne peut plus les partager avec ceux qui les ont rendues possibles. Les valeurs que vous m’avez transmises, le travail, la dignité, le courage, l’humilité et le sens du devoir, seront ma boussole dans l’exercice de cette responsabilité. Que le Tout-Puissant vous accorde le meilleur des repos. À ma famille, je veux dire merci. Les responsabilités publiques se vivent aussi dans le silence des sacrifices familiaux. Je voudrais exprimer ma profonde reconnaissance à mes amis et à ceux qui ont contribué à ma formation. À mes anciens collègues de la Banque Islamique du Sénégal, auprès de qui j’ai appris que la rigueur, l’éthique et la confiance sont les véritables fondements de toute institution.

Je salue également, avec fraternité et fierté, mes frères de la mouvance politique « KIIRAAY », particulièrement ceux de Kaolack, pour les valeurs de solidarité et d’engagement que nous avons partagées, et que je porte aujourd’hui comme une responsabilité supplémentaire. Aussi voudrais-je rendre un hommage particulier à celui qui m’a précédé. Monsieur Babacar Ndiaye, Directeur Général sortant, a dirigé cette structure avec engagement et professionnalisme, posant des bases sur lesquelles nous allons nous appuyer pour poursuivre son développement. En effet, la réussite d’un service public est une œuvre collective : chaque dirigeant reçoit un héritage, le fait évoluer et le transmet. Je m’engage à respecter cet héritage, à l’enrichir et à le faire fructifier, avec gratitude envers ceux qui ont construit avant nous.

Mesdames et Messieurs, La Société Nationale de Recouvrement occupe une place stratégique dans notre économie. Elle ne se limite pas au recouvrement des créances. Elle participe à l’assainissement du système financier, à la restauration de la confiance économique, à la protection des ressources publiques et à la préservation de la stabilité financière. En réalité, la SNR contribue à la souveraineté économique du Sénégal. Notre ambition doit être à la hauteur de cette vocation : faire de la SNR l’institution de référence en matière de recouvrement et de gestion des actifs en difficulté dans l’espace UEMOA, au plein service de la souveraineté économique et financière du Sénégal. Le temps est venu de transformer durablement chaque engagement en résultat mesurable, au service des Sénégalaises et des Sénégalais. En effet, notre peuple, fidèle à ses exigences en matière de gouvernance, attend de chaque institution publique des transformations mesurables, des actes dont l’effectivité ne souffre ni délai ni équivoque. Cette exigence, je la fais mienne entièrement. Elle n’est pas une posture. C’est un engagement qui engage ma responsabilité personnelle devant ceux qui m’ont nommé, devant ceux qui travaillent avec moi, et devant les sénégalaises et les sénégalais dont nous servons les intérêts chaque jour.

Notre vision s’articulera autour de cinq axes stratégiques, non comme une liste de priorités juxtaposées, mais comme une architecture cohérente où chaque pilier appelle le suivant et le renforce. Le premier axe est le renforcement de notre cadre juridique. Car une institution de recouvrement sans socle légal robuste est une institution sans armes. Nous sécuriserons nos interventions, élargirons nos capacités d’action et alignerons notre pratique sur les meilleures normes de l’espace OHADA. C’est ce fondement qui rendra possible tout ce qui vient ensuite. De ce fondement découlera l’excellence opérationnelle : des objectifs clairs, des délais maîtrisés, des procédures simplifiées, une qualité de service irréprochable, exigences auxquelles nos mandants ont droit, et que nous leur devons sans réserve.

L’excellence opérationnelle ouvrira naturellement la voie au développement commercial et au rayonnement sous-régional. La SNR a vocation à être présente partout où les besoins existent : auprès des banques, des entreprises publiques, des investisseurs, des acteurs privés, au Sénégal d’abord, dans l’espace UEMOA ensuite. Ce développement sera porté et accéléré par la transformation digitale : dématérialisation des procédures, système d’information intégré, exploitation intelligente de la donnée, pilotage moderne de nos activités. Car dans le monde qui est le nôtre, la transformation digitale est désormais une condition de performance pour toute institution.

Enfin, tout cela reposera sur la gouvernance et le capital humain. Car une institution de référence se construit d’abord par la qualité de ses femmes et de ses hommes. Leur compétence, leur engagement et leur épanouissement professionnel ne sont pas des à-côtés de la performance. Ils en sont la condition première. Je veux être très clair sur la manière dont j’entends conduire cette transformation. Mon management reposera sur quatre principes que j’appliquerai sans exception. L’écoute d’abord.

Je crois profondément que les meilleures décisions naissent de ceux qui sont sur le terrain. Avant d’agir, j’écouterai. Avant de trancher, je consulterai. Mais une fois les décisions prises, elles devront être exécutées. La responsabilisation ensuite. Chaque responsable devra pouvoir répondre à des questions simples : quel est mon objectif, quel résultat dois-je produire, dans quel délai, et comment le mesurons-nous ? Ce n’est pas de la bureaucratie. C’est de la clarté, et la clarté est la première forme de respect envers les équipes. L’équité aussi. Je demanderai de la rigueur, mais cette rigueur s’appliquera à tous, à commencer par moi-même. Une Direction Générale qui exige des autres ce qu’elle ne s’impose pas à elle-même perd, dès le premier jour, toute autorité morale. Et l’obligation de résultats enfin. Je ne suis pas venu prendre une position.

Je suis venu produire des transformations mesurables, et il n’y a pas, dans cet engagement, la moindre ambiguïté. C’est ici que Jub, Jubal, Jubanti (être juste, rendre juste, faire régner la justice) cesse d’être une formule pour devenir le fil conducteur exigeant de notre action au quotidien : dans le traitement de chaque dossier, dans chaque décision managériale, dans chaque rapport rendu au Conseil de Surveillance. La justice n’est pas une posture. Elle est une pratique. Et c’est dans la pratique, et dans elle seule, qu’elle trouve sa vérité. Dès les premiers jours, notre feuille de route s’articulera autour de trois verbes. Sécuriser. Sécuriser nos finances, sécuriser nos processus, sécuriser nos responsabilités. Sécuriser d’abord, pour bâtir ensuite sur des fondations solides. Structurer. Structurer notre gouvernance, notre organisation, notre système de pilotage de la performance. Une institution de référence se construit d’abord sur une gouvernance et un pilotage internes solides. Accélérer. Accélérer les réformes prioritaires, les partenariats à construire et la montée en puissance que la SNR mérite et que le Sénégal attend.

Les cent premiers jours produiront des résultats visibles. Un tableau de bord de la Direction Générale sera mis en place. Les décisions seront suivies, les objectifs mesurés, et les résultats, comme les difficultés, seront présentés au Conseil de Surveillance et à la tutelle avec la même transparence. Je crois à une gouvernance de vérité, qui présente aussi bien les résultats que les difficultés, et qui construit des solutions avec méthode.

Chers collaborateurs,

je veux vous adresser une parole directe. Vous êtes l’âme de cette institution. Je crois en vos compétences. Je crois en votre engagement. Je crois en notre capacité collective à réussir ce qui, vu de l’extérieur, peut sembler ambitieux, parce que j’ai suffisamment appris au cours de ma vie professionnelle que lorsqu’une équipe est mobilisée autour d’un projet qui a du sens, les limites se déplacent. La transformation ne se fera pas contre vous. Elle se fera avec vous, parce que sans vous, elle n’existe tout simplement pas. Je serai exigeant. Mais cette exigence sera juste, partagée et assumée. Je demanderai des résultats, et je donnerai les moyens de les atteindre lorsque cela dépendra de moi. Je demanderai de la rigueur, et cette rigueur commencera par moi.

Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil de Surveillance, permettez-moi de conclure par une question qui doit être, je crois, la boussole permanente de notre action. Quelle institution voulons-nous laisser à ceux qui viendront après nous ? Cette question m’engage. Elle nous engage tous. Et je veux que la réponse soit : une SNR plus forte, plus performante, plus transparente, plus digitale, plus rigoureuse, plus proche de ses partenaires, et pleinement engagée dans la trajectoire de Vision Sénégal 2050.

Je ne viens pas seulement prendre une fonction. Je viens prendre un engagement : celui de servir avec intégrité, d’agir avec courage, de décider avec méthode et de rendre compte avec transparence. L’Agenda National de Transformation Sénégal 2050, porté par le Président de la République, n’est pas seulement une ambition pour notre nation. C’est un défi adressé à chaque institution publique de se dépasser, de se transformer, d’être à la hauteur de ce qu’un peuple, un grand peuple, est en droit d’attendre d’elle.

Travaillons. Transmettons. Transformons. Et faisons de la Société Nationale de Recouvrement une structure qui contribue à la souveraineté économique de notre pays, qui produit des résultats mesurables et qui prépare, avec méthode et avec foi, l’avenir que le Sénégal mérite.

Le Sénégal attend. Mettons-nous au travail. Que le Tout-Puissant nous accorde l’énergie nécessaire pour accomplir cette noble mission avec le concours de l’ensemble de nos collaborateurs, qu’Il bénisse la SNR et le Sénégal.

Je vous remercie.

Related Posts