Invité du « Jury du dimanche », l’analyste politique estime que le Sénégal doit rapidement renouer avec la rigueur budgétaire, restaurer la confiance des partenaires et attirer de nouveaux investisseurs.
« Le régime de Diomaye-Sonko, en trois ans, a emprunté 16 000 milliards. Leur besoin de financement pour 2026 est de 6 075 milliards », avance-t-il.
Hamidou Anne distingue toutefois les remboursements du déficit créé. « Dans les 16 000 milliards, il y a certes l’amortissement, mais ils ont créé 5 200 milliards de déficit. On est dans l’excès », lance-t-il, estimant qu’en six mois, en 2024, le déficit a été multiplié par trois.
L’ancien collaborateur de Macky Sall oppose cette situation au bilan de l’APR sous l’ancien régime. « En dix ans de mise en œuvre du PSE sous Macky Sall, nous avons généré 8 000 milliards de déficit. Et dans ces 8 000 milliards, nous avons construit des universités, des hôpitaux, mis en place les bourses de sécurité familiale et quadruplé le potentiel énergétique du Sénégal », défend-il.
Le premier impératif, selon lui c’est de: « renouer avec le sérieux budgétaire », restaurer la confiance des partenaires financiers et renforcer la crédibilité de la signature du Sénégal.
Deuxième priorité : l’ouverture économique. Hamidou Anne met en garde contre toute tentation d’isolement. « Le Sénégal ne peut pas se permettre aujourd’hui, dans une zone intégrée, en étant partie de l’UEMOA, de la CEDEAO et en ayant signé des accords avec le FMI, la Banque mondiale et l’OMC, de retourner à une forme d’autarcie », soutient-il.
Il plaide pour la poursuite des réformes du climat des affaires et du cadre des investissements afin d’attirer les capitaux étrangers, industrialiser le pays et créer massivement des emplois.
Troisième axe : le social. Pour Hamidou Anne, la croissance ne peut avoir de sens sans redistribution. « Un développement ne saurait ne pas être inclusif », insiste-t-il, citant les bourses de sécurité familiale, la CMU et les politiques de lutte contre les inégalités territoriales et sociales mises en avant par l’ancien régime.
Mais derrière cette charge économique se dessine surtout une bataille politique. L’APR travaille, selon lui, à un « projet alternatif » destiné à préparer les prochaines échéances.
L’ambition dépasse même les rangs de l’APR. Hamidou Anne veut fédérer les différentes composantes de l’opposition autour d’un socle commun, sans effacer leurs identités politiques.
« Nous allons proposer à nos partenaires de l’opposition un cadre minimal d’entente, en respectant leurs programmes respectifs, pour aller ensuite à des élections en cohésion », annonce-t-il.
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